Nelson White est un artiste et membre de la Première Nation de Flat Bay (village No’kmaq) à Flat Bay, à Terre-Neuve, au Canada. Il a étudié les arts visuels au Bay St. George Community College à Stephenville (T.-N.-L.) ainsi qu’au Nova Scotia College of Art and Design à Halifax (N.-É.). White expose largement à travers le Canada et les États-Unis, participant à des expositions collectives et individuelles itinérantes, notamment Tukien (Awaken), qui a circulé dans cinq galeries institutionnelles. Son travail a été présenté à l’émission The National de CBC ainsi que dans Visual Arts News, et ses œuvres figurent dans d’importantes collections à travers l’Amérique du Nord — notamment dans les collections d’art des gouvernements provinciaux de Terre-Neuve-et-Labrador, de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard, ainsi qu’au National Museum of the American Indian du Smithsonian. En 2021, White a participé à la résidence internationale de Fogo Island Arts, et en 2022, il a pris part à une résidence avec Ocean Gate et Miawpukek Horizon, qui l’a mené lors d’une expédition vers le site de l’épave du Titanic. Il a été nommé Artiste de l’année 2020 par ArtsNL et a reçu, en 2022, le prix d’excellence en arts visuels VANL-CARFAC Milestone Award. En 2025, il a été présélectionné pour le Prix Sobey pour les arts, finaliste du Kingston Prize, et récipiendaire du Prix de reconnaissance artistique d’ArtsNL. Nelson vit actuellement à St. John’s, à Terre-Neuve-et-Labrador, avec sa famille.
Portrait de Jeremy Dutcher
Au cœur de cette résidence se trouve un portrait de grande envergure à l’huile sur toile — 60 × 54 pouces — du musicien lauréat du Prix Polaris, Jeremy Dutcher. Dutcher est un ténor d’opéra et compositeur de formation classique, issu de la Première Nation Wolastoqey, dont le travail fusionne musique classique, traditions musicales et pop dans un langage artistique qui lui est propre. Son premier album, Wolastoqiyik Lintuwakonawa, s’appuie sur des enregistrements de terrain sur cylindres de cire datant du début des années 1900 provenant de sa communauté, insufflant une nouvelle vie à des chants presque perdus en raison de la suppression des traditions musicales autochtones par le gouvernement canadien. Alors qu’il ne reste qu’environ une centaine de locuteurs et locutrices de la langue wolastoqey, le travail de Dutcher constitue autant un geste de préservation culturelle qu’une démarche de création artistique.
Pour White, ce portrait s’inscrit dans une mission artistique plus vaste : documenter l’évolution du paysage culturel des peuples autochtones et les représenter dans un contexte contemporain — dans des postures de beauté et de puissance. En réponse à la longue histoire de représentations des peuples autochtones à travers un regard colonial, les portraits de White affirment une identité autochtone vivante du XXIe siècle, définie selon ses propres termes. La peinture sera réalisée à partir de références photographiques plutôt que de séances de pose en personne. Fidèle à son approche ouverte et axée sur la communauté — qu’il décrit comme la philosophie de la « maison de son père », inspirée du foyer accueillant dans lequel il a grandi — l’atelier adoptera une politique de porte ouverte, invitant les visiteurs et visiteuses à venir à tout moment.