Légendes du jazz! Portraits par Frederick J. Brown tirés de la collection permanente

Légendes du jazz! Portraits par Frederick J. Brown tirés de la collection permanente de la Galerie d’art Beaverbrook

Dans l’esprit du Mois de l’histoire des Noirs, nous accueillons l’œuvre de l’illustre artiste afro-américain, Frederick James Brown (1945-2012). Le Mois de l’histoire des Noirs est une tribune pour les expériences et les luttes uniques des Afro-Américains de l’Amérique du Nord. En plus de s’inspirer de son patrimoine seminole et choctaw, Frederick J. Brown peignait souvent des sujets afro-américains de tous horizons. Brown désirait ardemment célébrer les réalisations de personnes noires, surtout des musiciens, qui avaient agrémenté la vie de tous les peuples au lendemain du mouvement des droits civils. Certains de ses sujets étaient peu connus tandis que d’autres étaient déjà célèbres et reconnus dans la culture grand public.

Tout au long de sa carrière, Brown lui-même s’était lié d’amitié avec bien des musiciens de renom. Dans les années 1980, de brillants musiciens et peintres de la génération néo-expressionniste fréquentaient son atelier dans un loft de SoHo, agrémenté d’un piano à queue. C’est à cette époque qu’il a commencé à peindre des portraits de musiciens, une œuvre qui se chiffre à plus de 300 toiles et qui comprend des portraits de Thelonius Monk, Jimi Hendrix, Muddy Waters, Billie Holiday, Bessie Smith, Ray Charles et de l’incomparable B.B. King. Les portraits de Brown nous rappellent que les musiciens afro-américains avaient particulièrement repoussé les limites des styles musicaux déjà en évolution et atteint un nouveau seuil quant au génie musical.

Frederick J. Brown est né à Greensboro, en Géorgie, en 1945. Sa famille a déménagé à Chicago dans l’Illinois, où il a étudié à l’Université Southern Illinois de Carbondale et obtenu un diplôme en arts et en psychologie en 1968. Après ses études, Brown a continué à nourrir sa passion pour la peinture tout en enseignant dans diverses universités aux États-Unis et à l’étranger. Depuis plus de quatre décennies, l’œuvre de Brown figure partout dans le monde dans d’innombrables expositions et dans maints établissements, y compris le Musée Studio à Harlem dans l’état de New York, le Musée national de portrait du Smithsonian Institution à Washington, D. C., la Galerie Marlborough à New York et le Musée Rufino Tamayo à Mexico. En 1985, Brown a déménagé à Beijing pour enseigner au Collège Central de beaux-arts et d’artisanat pendant deux ans. En juin 1988, une rétrospective présentant 100 œuvres de la carrière de Frederick Brown a ouvert ses portes au Musée de la révolution chinoise (maintenant connu sous le nom de Musée national de Chine); Brown a donc été le premier artiste occidental à voir ses œuvres exposées sur ces murs.

Outre ce succès, les œuvres de Frederick Brown ont été mises en vedette dans un bon nombre de publications, notamment le New Yorker, ainsi que sur la couverture de plusieurs disques 33 tours. Ses œuvres se trouvent dans les collections permanentes d’innombrables établissements majeurs, dont le Musée d’art américain du Smithsonian à Washington D. C., le Musée d’art contemporain Kemper, à Kansas City au Missouri, la collection permanente de la Maison-Blanche à Washington D. C., le Musée métropolitain d’art à New York et, au Canada, la Galerie d’art de l’Université Lethbrigde en Alberta, la Galerie d’art de la Nouvelle-Écosse à Halifax et la Galerie d’art Beaverbrook à Fredericton.

Les influences artistiques de Brown provenaient et des expressionnistes allemands et des expressionnistes abstraits. Il s’est inspiré de peintres comme Willem de Kooning et Franz Kline; en fait, il les connaissait tous deux personnellement. Bien qu’il soit resté fasciné par l’expressionnisme abstrait tout au long de sa carrière, la plupart de ses œuvres, y compris les portraits de cette exposition, se classent dans le courant de l’expressionnisme figuratif. Les six œuvres présentées dans cette exposition incarnent les penchants artistiques de Brown ainsi que sa passion pour l’art des musiciens afro-américains. Ces portraits de musiciens jazz remarquables n’ont pas un rendu photographique ou naturaliste. De bien des points de vue, ils sont plutôt fidèles à l’esprit de la musique jazz : vibrants, colorés et libres.

John Coltrane (1926-1967) était un compositeur et un saxophoniste jazz afro-américain célèbre. Au début de sa carrière, il a été à l’avant-garde de l’introduction des systèmes modaux dans la musique jazz, choisissant les modes plutôt que les suites d’accords comme base pour la musique jazz. Il deviendra plus tard une figure de proue de la montée du free-jazz, qui repoussait les limites de la musique jazz traditionnelle. Dans le studio, Coltrane connaît beaucoup de succès : il lance plus de 45 albums enregistrés en studio et maints albums en direct et compilations. Coltrane est généralement reconnu comme l’un des musiciens les plus influents de l’histoire du jazz.

Sarah Vaughan (1924-1990) était une éminente chanteuse de jazz afro-américaine. Connue pour la puissance de sa voix, elle est décrite par les critiques et les historiens comme l’une des meilleures chanteuses jazz et on la compare aux Ella Fitzgerald et aux Billie Holiday de ce monde. Elle a entamé sa carrière musicale dans les années 1940 après avoir gagné un concours au Théâtre Apollo à Harlem. Peu après, elle fait une tournée américaine comme chanteuse de jazz et pianiste pour le grand orchestre populaire Earl Hines. En 1948, la carrière solo de Vaughan est lancée, et elle joue régulièrement partout aux États-Unis. Certaines de ses chansons, dont If you Could See Me Now et Tenderly, ont connu un succès commercial et elle commencera alors à travailler avec d’autres artistes connus, y compris Jimmy Jones et Miles Davis.

L’on s’entend généralement pour dire que Johnny Hodges (1907-1970) est l’un des meilleurs saxophonistes jazz du 20e siècle; on le connaît pour son ton unique au saxophone alto. Au début de sa carrière, Hodges était multi-instrumentiste; il jouait de la batterie, du piano et du saxophone dans plusieurs groupes de jazz, de swing et de blues à Boston. Sa carrière professionnelle prend son envol en 1928 lorsqu’il se joint à l’orchestre de Duke Ellington pour jouer du saxophone alto. Hodges devient vite l’un des membres essentiels du groupe ainsi, il est fréquemment en tournée et contribue activement à d’innombrables enregistrements. Johnny Hodges a continué de jouer avec l’orchestre de Duke Ellington jusqu’en 1951, où il en surprend plus d’un dans l’industrie de la musique en quittant le groupe pour lancer un ensemble de son propre cru. Après quatre ans de carrière solo, Hodges se joint de nouveau à l’orchestre Duke Ellington et y reste jusqu’à sa mort soudaine en 1970.

Selon bien des critiques, Louis Armstrong (1901-1971) est non seulement le premier soliste important à percer en jazz, mais aussi le soliste le plus influent de toute l’histoire de la musique jazz. Il est élevé par sa mère à La Nouvelle-Orléans et démontre un franc intérêt pour la musique dès un très jeune âge. Il a appris à jouer du cornet à l’école. Jeune adulte, il déménage à Chicago pour devenir musicien professionnel. Après avoir joué avec quelques petits groupes, il émerge dans les années 1920 comme trompettiste de jazz et enregistre de nombreux numéros avec ses propres groupes de jazz, les Hot Five et les Hot Seven. En plus de percer en jazz, Louis Armstrong est très respecté comme interprète de musique populaire, et des succès célébrés tels What a Wonderful World (1967) attestent de sa popularité.

Dexter Gordan (1923-1990) était un important saxophoniste ténor de jazz à la longue carrière fructueuse. Connu pour son style distinctif, il connaît succès très tôt dans sa carrière. Pendant les années 1940 et 1950, Gordan joue et enregistre de la musique avec d’autres artistes phares du jazz, y compris Lionel Hampton, Nat King Cole, Louis Armstrong et Dizzie Gillespie. Bien qu’il ait eu des démêlés avec la justice et abusé de certaines drogues, il réussit à surmonter ces défis et continue de jouer et d’enregistrer régulièrement. Dans les années 1980, sa santé n’était plus ce qu’elle avait été, mais il joue tout de même un rôle dans le long métrage Round Midnight, et ce début au grand écran est acclamé par la critique.

On considère généralement qu’Oscar Peterson (1925-2007) est l’un des pianistes de jazz les plus importants de l’histoire de ce genre et un géant de la musique canadienne. Né à Montréal, a commencé à étudier le piano classique très jeune et son talent se développe rapidement. À quatorze ans, Peterson est lauréat d’un concours présenté par la Canadian Broadcasting Corporation, puis il quitte rapidement l’école pour entamer une carrière professionnelle en musique. Il commence par des enregistrements pour la Victor Talking Machine Company, il a aussi été musicien de séance pour une émission de radio hebdomadaire, a joué dans des hôtels et, occasionnellement, dans des clubs de jazz. En 1949, l’estimé producteur Norman Granz découvre Oscal Peterson et en fait dès lors la promotion. Enfin, au début des années 1950, Peterson est bien connu et il collabore avec de nombreux musiciens de jazz remarquables. Peterson continue d’être un artiste du jazz influent et important, et il n’arrêtera de jouer et d’enregistrer qu’à sa mort en 2007. Au total, la discographie d’Oscar Peterson compte presque 150 titres enregistrés en studio et en direct.

Organisée par Meredith Briden, assistant en conservation, Galerie d’art Beaverbrook. Présentée par la Galerie d’art Beaverbrook.

Œuvres présentées dans cette exposition:


Frederick J. Brown
(Américain, 1945-2012)
Sarah Vaughn, 2005
gravure sur papier Arches
96,5 x 76,2 cm
Don de Aida Minerals Corp.
 

 

Frederick J. Brown
(Américain, 1945-2012)
John Coltrane, 2005
gravure sur papier Arches
96,5 x 76,2 cm
Don de Aida Minerals Corp.
 

 

Frederick J. Brown
(Américain, 1945-2012)
Johnny Hodges, 2005
gravure sur papier Arches
96,5 x 76,2 cm
Don de Aida Minerals Corp.
 


Frederick J. Brown
(Américain, 1945-2012)
Louis Armstrong, 2005
gravure sur papier Arches
182,8 x 76,2 cm
Don de Aida Minerals Corp.

 

Frederick J. Brown
(Américain, 1945-2012)
Dexter Gordon, 2005
gravure sur papier Arches
95,2 x 76,2 cm
Don de Aida Minerals Corp.

 

Frederick J. Brown
(Américain, 1945-2012)
Oscar Peterson, 2005
gravure sur papier Arches
76,2 x 106,6 cm
Don de Aida Minerals Corp.