Nancy Stevens : Les peintures de la vallée Liri

Nancy Stevens, Mignano (détail), acrylic on hardboard, 61 x 91.5 cm, Collection de l’artiste

23 Janvier - 20 Avril, 2014    |    Regular Exhibition    |    Cost:

Nancy Stevens

Cette série de dix toiles de l’artiste néo-écossaise, Nancy Stevens, est inspirée d’un voyage en Italie où elle avait vue sur la vallée Liri, un long corridor plane qui suit des kilomètres de terrain montagneux accidenté. Un ami a fait le commentaire suivant : « Cette terre est imbibée du sang de soldats canadiens ». C’est à ce moment que l’artiste s’est sentie le besoin d’en apprendre d’avantage sur ce qui s’était passé dans la vallée de Liri, mais aussi d’en raconter l’histoire par l’entremise de son art afin de rendre hommage aux nombreux jeunes et braves Canadiens qui, envers et contre tout, ont sacrifié leur vie au cours des vingt-quatre jours de combats sans trêve. 

« En mai 1944, des soldats canadiens ont mené une des batailles les plus sanglantes de la Deuxième guerre mondiale en faisant leur chemin à travers la vallée Liri, permettant aux Alliés de prendre Rome. Soixante-sept ans plus tard, j’étais dans la vallée Liri. Le Benedictine Abbey de Montecassino, qui avait été restauré, servait de point d’ancrage à des montagnes bleues et brumeuses et à une vallée aux couleurs éclatantes des vignes et des pommiers bourgeonnants. À partir des rues étroites où des arches célébraient les triomphes des légions de César, j’ai vu des CF18 canadiens revenant à leur base italienne, de retour de la mission de guerre aérienne de l’OTAN contre la Libye, mission commandée par le Canada, » affirme Stevens.

« Je sais très peu de choses sur la guerre. J’avais cinq ans quand mon père est allé outremer. Le Canada a payé pour mes études universitaires puisque j’étais une enfant des morts de la guerre. Mes professeurs étaient Alex Colville et Lawren Harris Jr.,  et puisqu’ils avaient été témoins, leurs toiles étaient d’une nature viscérale qu’une femme de la campagne, n’ayant jamais connu l’occupation, ne pouvait égaler. Par contre, le temps apporte l’avantage de la perspective. La campagne de Liri était tombée dans l’oubli et je voulais reconnaître la souffrance et le sacrifice de nos armées libératrices et du peuple italien et leur rendre hommage à l’occasion du 70e anniversaire en 2014, » a-t-elle ajouté.

Au début de ce projet, Stevens a passé un an et demi à lire, à réfléchir et à faire de la recherche sur l’histoire de guerre du Canada, étudiant de près les journaux de régiments et les photographies de documentation de la Deuxième guerre mondiale, prenant des notes, et faisant des esquisses. Elle s’est aussi rendue une deuxième fois dans la vallée de Liri pour décider comment elle allait aborder son histoire sous forme de peinture. Elle a terminé ce processus par la création d’une œuvre qui compte de riches couches d’information, une combinaison d’images et de mots écrits, de symboles et de métaphores, et un mélange d’éléments historiques et narratifs avec une représentation du paysage de la vallée Liri telle qu’il est aujourd’hui.

En parlant de l’œuvre, Stevens dit : « j’ai tenté d’unir mon imagination aux faits de la guerre en représentant des combats tels que vécus par des soldats canadiens alors qu’ils se battaient pour traverser la vallée Liri en direction de Rome. Dans chaque toile, le dessous du tableau est couleur sang. Posé en couches en pointillisme par-dessus des couleurs plus froides, ce ton se retrouve dans le ciel et sur le sol, dans les édifices détruits par des bombes, sur la toge du dieu romain de la guerre et dans les pétales des coquelicots ».

Conservateur : Terry Graff
Organisée par la Galerie d’art Beaverbrook avec le soutien d’Anciens combattants Canada (Fond de partenariat d’action communautaire), de la ville de Fredericton, du gouvernement du Nouveau Brunswick et de donateurs privés.