Lucy Jarvis : Même les pierres ont de la vie

Lucy Jarvis, Étang de lis (détail), vers 1970, huile sur Masonite, 49,5 x 59 cm, collection privée

2 Octobre - 11 Janvier, 2015    |    Regular Exhibition    |    Cost:

Lucy Jarvis

Dans un écrit du début de l’année 1962, Lucy Jarvis a dit sentir qu’elle n’était « qu’au foyer du commencement ». À 65 ans, plus de 30 ans après ses études à l’École du Musée des beaux-arts de Boston, elle se sentait encore prise dans sa formation universitaire et frustrée dans son désir d’exprimer l’instant présent de ses réactions envers le monde.

Une bonne partie des deux décennies précédentes avaient été consacrées, corps et âme, au Centre des arts de la UNB, cofondé en 1940 avec Pegi Nicol MacLeod, qui est devenu le centre culturel d’une communauté qui n’était pas encore servie par la Galerie d’art du Nouveau Brunswick ou par le Collège d’artisanat et de design du Nouveau Brunswick (NBCCD). Elle en avait fait un endroit où faire l’expérience de tous les arts avec des soirées de musique enregistrée, de lectures de poésie, de spectacles de marionnettes, de présentations et de cours d’art pour adultes et le samedi pour les enfants et, bien sûr, un lieu d’exposition. Sans prétention et ouvert aux étudiants, le Centre est devenu un lieu de création fertile. Mais dans son zèle, désireuse de rendre la créativité accessible à tous, Jarvis avait peu de temps à consacrer à sa propre créativité.

Après avoir quitté le Centre des arts en 1960, et le rôle qui la définit pour bien des gens, elle s’est mise au défi d’évoluer du côté créatif. Elle a fait quatre longs voyages en Europe, surtout pour travailler et étudier à Paris bien qu’une courte présence lors d’un atelier avec Oscar Kokoschka ait eu une incidence importante sur elle. Elle a fait une immersion en langue française, a rencontré d’autres artistes et a participé aux studios d’André Lhote et fait des séjours à L’Académie de la Grande Chaumière. Pendant l’été, elle revenait à son studio à Pembroke Dyke près de Yarmouth pour assimiler ces expériences. Tout au long des années 1960 et 1970, son art évoluait, se remplissait de couleurs plus vives, devenait plus libre, plus complètement sien. Ses cahiers d’esquisses étaient remplis d’expériences au pastel à l’huile et à l’aquarelle. L’énergie qui l’avait animée au Centre des arts se transmettait maintenant à son propre travail.

Deux expositions complémentaires sont axées sur cette dernière période vibrante, permettant de faire une nouvelle évaluation de l’art de Lucy Jarvis. Du 12 septembre au 31 octobre, le Centre des Arts de UNB présentera un échantillon de plus de 70 cahiers d’esquisses ainsi que des lettres, des photographies et des souvenirs, tandis que ses œuvres à l’huile, à l’aquarelle et au pastel seront exposées à la Galerie d’art Beaverbrook.

Conservatrice : Roslyn Rosenfeld
Organisée par la Galerie d’art Beaverbrook et le Centre des arts de la UNB avec le soutien des amis et de la famille de Lucy Jarvis.