Le guide du voyageur de Galerie : Episode no.2

Beaverbrook Art Gallery1 Décembre, 20170 Commentaires

Le guide du voyageur de Galerie : Episode no.2

 

Nous cherchons toujours de nouvelles façons de réunir l’art et les gens ici, à la Galerie d’art Beaverbrook. Dans la deuxième partie de cette série, nous vous ferons part d’un autre truc et d’une nouvelle façon d’admirer des œuvres d’art.

Stratégie no 0 : Ne paniquez pas! Les galeries d’art et les musées sont des endroits conçus pour vous divertir. Il n’y a pas qu’une seule façon de vivre une expérience artistique; commencez par vous promener dans les lieux pour voir ce qui attire votre regard!

Stratégie no 1 : étudiez les techniques. Pour en savoir plus, cliquez ici.

Stratégie no 2 : l’influence et l’inspiration

Lorsqu’un conservateur organise une exposition tirée de la collection permanente, il se demande comment différentes œuvres peuvent être réunies. Il peut, par exemple, choisir de réunir certaines œuvres dont l’inspiration est la même (les artistes s’inspirent souvent les uns des autres, de là les mouvements et les thèmes en histoire de l’art.) Les conservateurs ne sont pas les seuls à savoir trouver des liens entre les œuvres. Ces liens sont parfois intentionnels de la part du conservateur, mais il se peut aussi que vous en découvriez vous-même au cours d’une visite.

En préparant l’installation de l’aile internationale nouvellement rénovée de la Galerie d’art Beaverbrook, le conservateur en chef, Jeffrey Spalding, a élu de placer la pièce d’un artiste contemporain au milieu de ce qui semble être un regroupement de pièces historiques. Cet exemple est l’occasion parfaite pour établir des liens entre les artistes.

« Les peintures de paysages de Michael Smith étudient le lien entre l’image et l’abstraction », affirme la Galerie Michael Gibson. « Les illusions d’espaces illuminés l’intéressent, il explore ainsi le fait que la lumière peut être accessoire ou essentielle dans une peinture. À l’aide d’empattements expressifs, Smith crée un langage visuel qui raconte l’histoire de moments où les conditions atmosphériques ont revendiqué des espaces en particulier. »

À côté de l’œuvre de Smith se trouve un bel exemple d’une toile d’un autre artiste que fascinaient la lumière et l’espace illuminé. La fontaine d’indolence (1834) de J. M. W. Turner fait partie des Chefs-d’œuvre, la collection célèbre de la Galerie, et constitue, elle aussi, une peinture de paysage lumineuse. Ce n’est pas par hasard qu’elle a été exposée au mur adjacent à celui de l’Explosion de Michael Smith. L’emplacement des deux œuvres nous permet de voir que ces deux artistes utilisaient la lumière dans leurs œuvres bien qu’ils fussent issus de générations complètement différentes.

Joseph Mallord William Turner était un peintre britannique de renommée de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Connu aussi sous le nom du « peintre de la lumière », il est célèbre pour des œuvres telles Le combattant téméraire de la collection du musée national de Londres et notre Fontaine d’indolence. L’imagination de Turner était stimulée par la nature; dans ses œuvres, il faisait usage de la lumière pour mettre certains éléments en valeur. Au nombre de ses sujets habituels, on compte les catastrophes naturelles, les naufrages, les incendies et la météo (la lumière du soleil, les tempêtes, la pluie et la brume). « Les paysages maritimes de Turner semblent rappeler activement les changements atmosphériques continus de la lumière à un moment précis. Il aurait eu l’œil attentif d’un météorologue. Ces œuvres m’ont aussi beaucoup influencé. Au fil des années, j’ai créé bien des œuvres, y compris des pièces pour mon exposition Ciel réapparaissant pour mieux cataloguer ma compréhension de l’atmosphère et de la lumière. »

Il est clair que les œuvres de Michael Smith découlent d’inspirations similaires. Selon Adda Mihailescu, directrice des programmes publics, « Ces paysages abstraits audacieux ont en commun avec leurs voisins une énergie impressionnante — on y voit des explosions de couleurs, la suggestion d’un horizon, des coups de pinceau assurés, un empattement épais qui semble sortir de la toile, une surface marquée fermement et joliment par les outils du peintre. Des plaques de gris et de bleu font écho au ciel de Constable dans le paysage voisin et les éclats de lumière évoquent l’éclat de la toile de Turner tout à côté. »

Bien que cette description se rapporte aux œuvres et au style artistique de Smith, elle pourrait tout aussi bien décrire les œuvres mentionnées de Turner et de Constable. Voilà pourquoi vous pourrez les voir dans le même espace lors de votre visite! « Le fait de voir ces pièces côte à côte dans l’aile internationale est un vif rappel de la beauté et de la puissance de nos expériences avec l’art et de leur pouvoir de changer le cours d’une vie, d’une carrière artistique », affirme Mihailescu.

Que ce soit votre première visite à la Galerie ou que vous soyez un habitué, essayez de remarquer quelles œuvres d’art sont semblables et lesquelles sont différentes, et observez pour voir quelles œuvres sont installées côte à côte. En réfléchissant à l’influence et à l’inspiration des œuvres, on peut souvent mieux démystifier les décisions qu’ont prises les artistes. Vous pourriez même tirer vos propres conclusions sur des œuvres situées ailleurs dans l’édifice, dans d’autres musées, à la télévision ou sur d’autres médias. Vous trouverez les pièces Explosion de Michael Smith, Scène de bois et d'eau de John Constable et La fontaine d’indolence de J. M. W. Turner dans l’aile internationale de la Galerie d’art Beaverbrook lors de votre prochaine visite.

Restez à l’affût pour le prochain épisode de ce blogue, où nous regarderons l’art de la perspective de l’imagerie et de l’immersion.

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