Le guide du voyageur de Galerie : Episode no.1

Beaverbrook Art Gallery22 Novembre, 20170 Commentaires

Le guide du voyageur de Galerie : Episode no.1

 

À la Galerie d’art Beaverbrook, nous cherchons toujours de nouvelles façons de réunir l’art et les gens. Depuis l’ouverture récente de notre nouveau pavillon, vous pouvez maintenant profiter de plus d’espace et de davantage d’œuvres à la Galerie.

Que ce soit votre première visite, que vous soyez fervent amateur d’art ou que vous vous dites depuis toujours qu’il est « temps que j’y aille », nous souhaitons que vous puissiez tirer le maximum de votre visite. À cette fin, nous vous présentons dans cette nouvelle série du blogue quelques-uns des meilleures astuces des membres de notre équipe d’éducation qui vous suggéreront par où commencer en visitant la Galerie. Dans chacune de nos entrées de blogue, nous aborderons différentes stratégies pour regarder une œuvre d’art, et pour mettre ces stratégies en pratique devant une autre pièce.

Stratégie no 0 : Ne paniquez pas! Les galeries d’art et les musées sont des endroits conçus pour vous divertir. Il n’y a pas qu’une seule façon de vivre une expérience artistique; commencez par vous promener dans les lieux pour voir ce qui attire votre regard!

Stratégie no 1 : étudier les techniques

En admirant une pièce pour la première fois, vous ne savez pas nécessairement où regarder. Le cas échéant, « vous pouvez commencer en regardant les techniques utilisées », affirme Adda Mihailescu, directrice des programmes publics. « Posez-vous, par exemple, les questions suivantes : De quels matériaux l’artiste s’est-il servi pour créer l’objet en arrière-plan ou pour faire les pigments? Comment le temps et les gens ont-ils altéré ces pigments? Et comment tout ceci s’inscrit-il dans le monde où vivait l’artiste? »

Bien des œuvres de l’aile internationale datent du début du XXe siècle ou avant (la création de la pièce la plus vieille remonte au XIVe siècle!) Dans le passé, il n’était pas aussi simple qu’aujourd’hui d’avoir accès aux matériaux dont avaient besoin les artistes pour créer de tels chefs-d’œuvre; il n’y avait pas de magasins en ligne offrant toutes les couleurs de peinture imaginables! Aussi, lorsqu’on avait trouvé les matériaux bruts nécessaires, il fallait s’en servir correctement pour que les œuvres survivent à l’épreuve du temps.

La tapisserie la plus grande de la Galerie, Le mois de juillet, pièce de la tenture des Chasses de Maximilien : le rapport (1693) des Gobelins, est un exemple fascinant de la grande complexité et de l’aspect technique détaillé de certaines œuvres. Au XVIIe siècle, la création d’une tapisserie aurait pris bien plus de temps qu’aujourd’hui. Beaucoup de gens travaillaient de concert pour coordonner les couleurs et les motifs appropriés pour chaque partie de la tapisserie, ce qui demandait des heures de travail pour créer la scène souhaitée. Selon Mihailescu, « notre tapisserie fait partie d’une série de reproductions créée au XVIIe siècle dans l’atelier de Jean-Baptiste Mozin à la manufacture des Gobelins. Pour confectionner cette série magnifique de douze grandes tapisseries, plus de 60 personnes, y compris des teinturiers, auraient mis deux ans de travail assidu. Dans le cas de notre pièce, on peut voir que l’artiste a très bien répondu aux goûts esthétiques de l’époque en superposant de somptueux paysages, des figures réalistes en action pendant la chasse et des chiens de chasse de diverses races, le tout grâce à de minutieux détails et choix de couleurs. »

En regardant les aspects techniques, nous pouvons aussi étudier certaines des couleurs utilisées. Dans les œuvres modernes, on a recours à une gamme bien plus vaste de couleurs et de matériaux étant donné leur facilité d’accès. Au XIXe siècle et antérieurement, cependant, il fallait se servir de matières organiques tel que le jaune d’œuf, le gras animal, le charbon, les os et des noix. Tout ce qui n’était pas facilement accessible devait être acheté et venait de plus loin.

Le pigment bleu outremer, par exemple, coûtait très cher et devait être importé d’Afghanistan. On broyait du lapis-lazuli pour en faire un pigment bleu outremer dont on se servait en art, mais même bien conservé, il se décolore. Cette pâleur associée à l’outremer paraît lorsque le matériau entre en contact avec un acide, ce qui crée un vert grisâtre sur l’œuvre, plutôt qu’un bleu net. C’est pour ça, et en raison du coût élevé de l’acquisition du pigment, qu’on se servait souvent d’un substitut moins coûteux. L’azurite, un pigment minéral qu’on pouvait obtenir en Europe, se distinguait difficilement du bleu outremer véritable et était beaucoup plus utilisé au Moyen-Âge.

Lors de votre prochaine visite à la Galerie, si vous ne savez pas que penser d’une œuvre, prenez le temps de l’admirer du point de vue des matériaux et des techniques. Comment l’artiste a-t-il créé et utilisé les matériaux? D’où provenaient-ils et comment étaient-ils transformés? Et comment ont-ils été conservés pour préserver l’œuvre à long terme?

Il est souvent difficile en regardant des œuvres vieilles de plusieurs siècles de percevoir le côté pratique de leur création. Mais en tenant compte des éléments présentés, vous serez peut-être sur la piste de votre nouveau chef-d’œuvre favori!

Restez à l’affût pour le prochain épisode de ce blogue, où nous regarderons l’art de la perspective de l’influence et de l’inspiration.

Galerie de photos

Commentaires
Laisser un commentaire