Célébrez le Jour de la Terre avec Emily Carr

Beaverbrook Art Gallery14 Avril, 20200 Commentaires

 

« Il y a de la place pour tout le monde ici, on peut respirer. L’air passe entre chaque feuille. Les rayons de soleil dansent. Rien n’est plus immobile. La vie s’immisce dans les interstices. Tout est vivant. L’air est vivant. Le silence est sonore. Le vert recèle de couleur. La lumière et l’ombre se pourchassent. Voici une image, une idée complète, là une autre, et là… Des thèmes, il y en a partout, le sublime, le ridicule, la joie ou le calme ou le mystère. La tendre jeunesse riant de la vieillesse noueuse. Mousses et fougères, feuilles et brindilles, lumière et air, profondeur et couleur jacassent en dansant follement, mais semblent être liés dans la quiétude et le silence. Il faut rester immobile pour réellement entendre et voir. »

-Emily Carr, septembre 1935, son journal intime (Hundreds and Thousands: The Journals of Emily Carr [Des centaines de milliers : les journaux intimes d’Emily Carr, sous la direction de Greta Moray])

Joyeux Jour de la Terre à tous et à toutes! Le passage cité ci-dessus est d'Emily Carr, écrit en 1935 dans une pensée privée sur son amour de la terre et du monde naturel. Carr défendait la valeur du paysage canadien qu’elle peignait continuellement; elle semblait en être totalement amoureuse. La côte Nord-Ouest du Pacifique la touchait tout particulièrement; elle a d’ailleurs peint bien des scènes de forêt en s’inspirant de sa province natale, la Colombie-Britannique.

Doris Shadbolt, historienne de l’art et experte sur Emily Carr, affirme que l’œuvre de Carr témoigne de son amour de la nature sauvage canadienne. Dans un article pour l’Encyclopédie canadienne, elle écrit : « Ses tableaux les plus aboutis, comme le splendide Indian Church [Église indienne] (1929) au Musée des beaux-arts de l’Ontario, dépeignent la nature comme un vortex furieux de vie organique, avec des formes arrondies qui créent l’impression de mouvements incessants et de transformations constantes. De son côté, l’aspect humain (représentation d’églises, de maisons, de totems) y semble menu et fragile. »

La nature joue clairement le rôle principal dans les œuvres de Carr, même dans les toiles où, à première vue, le sujet pourrait sembler être « l’aspect humain ».

Image ci-dessus : Église indienne, Emily Carr, 1929. Droits d’auteur : Musée des beaux-arts de l’Ontario.

Le style particulier de Carr dans ses paysages canadiens a été grandement influencé par ses deux années d’études en France. Elle a été apprentie de peintres comme Henry Gibb, John Fergusson et Frances Hodgkins, qui l’ont aidée à se transformer de peintre conservatrice en artiste à la palette vibrante et colorée. À son retour à Vancouver, Carr avait vu ses œuvres transformées; ses représentations de la nature infusées de couleurs vivantes et d’un style moderniste.

Emily Carr: voir autrement — le modernisme français et la côte ouest comprend plus de 50 œuvres d’Emily Carr et de ses professeurs, terminées pendant et après ses études en France (1910-1912). Célébrez le Jour de la Terre en admirant la beauté de la nature sauvage canadienne à travers les yeux d’une des artistes canadiennes les plus connues, ou regardez par votre propre fenêtre, vous y trouverez peut-être de l’inspiration pour créer un peu comme Emily Carr! Pour en apprendre davantage, consultez ici.

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