Artiste en vedette: L’Atelier d’artiste en résidence Bruno Bobak

Du 8 janvier au 9 février 2018: Danielle Hogan

Je suis artiste interdisciplinaire, auteure, commissaire et chercheure axée sur la pratique, et je détiens un doctorat de l’Université du Nouveau-Brunswick. Je vis à Fredericton, une ville située sur un territoire jamais cédé des peuples wolastoqiyik et mi’gmaq.
Dans mon travail, je m’inspire énormément des réseaux de soins au sein des communautés de femmes et entre elles — du « travail des femmes » — et, en tant qu’artiste, de tout ce qui se rapporte aux textiles. Je suis aussi stimulée par l’esprit d’épargne et le tricot. De plus, je suis la directrice fondatrice de la galerie d’art intersectionnelle féministe gynécocratique ou la GAG (jeu de mots sur « bâillon » en anglais) (www.gynocraticartgallery.com).

Tant dans mon atelier que dans mon travail de commissaire, j’adopte les grandes lignes de l’activisme par les métiers d’art, du bricolage, des études des femmes et du genre, en plus d’autres questions de justice sociale. Dans ma thèse doctorale j’explore les effets négatifs de ce que j’appelle le femaffect (femmaffect) sur l’utilisation des textiles en art. J’ai d’abord inventé le terme femmaffect en 2016; c’est un mot qui traite d’un affect (ou d’une émotion) qui a été féminisé, intentionnellement ou non. Dans ma recherche, j’étudie les effets du femmafect sur les femmes et d’autres membres des communautés LGBTQ2+ en ce qu’il se rapporte à leur utilisation des textiles en arts visuels.

Du point de vue de la conservation, c’est l’étude des pouvoirs de l’exposition, des conditions de présentation et de la production sociale de valeur qui m’intéresse, mais je cherche aussi à remettre en question un mythe dominant dans monde des arts, celui du génie créatif unique.

Déscription de la résidence

Attention : une résidence tout compris par Danielle Hogan

ATTENTION, le titre de la résidence d’artiste de janvier en dit long. ATTENTION représente l’attente et la possibilité, c’est un avertissement et une prémonition, c’est aussi une déclaration.

Renouvelée, revue et améliorée : en 2018, la Galerie d’art Beaverbrook est un établissement au passé vivant et à l’avenir stimulant et audacieux. En tant que nouvel espace pertinent et animé visant à accueillir les arts et les idées, l’Atelier d’artiste en résidence Bruno Bobak sera un lieu où participer aux conversations les plus importantes de notre époque.

ATTENTION est la première résidence de l’année à la Galerie et la toute première résidence d’artiste-commissaire. Au fil de ses quatre semaines à la Galerie, Danielle Hogan, artiste, auteure, conservatrice, universitaire et docteure en arts, guidera les visiteurs lors d’activités structurées et informelles conçues pour inciter les gens à réfléchir davantage à leurs expériences dans les galeries d’art.
 
Hogan encouragera les visiteurs à examiner les fonctions que remplissent les galeries dans nos collectivités. Elle leur demandera de réfléchir au genre d’expériences que l’art peut leur offrir et d’explorer le genre d’expériences véritables qu’ils ressortent (ou qu’ils souhaitent ressortir) du temps qu’ils passent avec des œuvres d’art.

Hogan travaillera avec les visiteurs pour les encourager à échanger leurs observations et leurs idées entre eux et avec les membres de l’équipe de la Galerie. Le projet ATTENTION a pour but de faire ressortir des points communs des conversations et des récits qui sont, trop souvent, perdus de vue. La résidence ATTENTION servira de témoin, elle permettra à l’artiste de créer et d’animer des conversations sur la réconciliation, la migration à l’échelle mondiale, l’immigration, la race et les sexes.

Hogan interpellera les visiteurs tant dans l’Atelier d’artiste en résidence Bruno Bobak que dans les salles d’exposition afin de chercher à mieux comprendre les besoins des collectivités ainsi que ce qu’elles souhaitent tirer de leur investissement dans les arts et la culture. À titre de commissaire, Hogan a organisé des expositions à la Galerie Maltwood à Victoria en Colombie-Britannique, à l’Université du Nouveau-Brunswick et, en ligne, à la Galerie d’art gynécocratique (un espace qu’elle a créé en 2015). À la Galerie d’art Beaverbrook, elle a monté une exposition parallèle intitulée ATTENTION qui présente des œuvres de la collection permanente.

Les activités suivantes auront lieu dans le cadre de cette résidence :

  • Une visite hebdomadaire de l’exposition ATTENTION, animée par l’artiste;
  • L’événement boîte à lunch rose tenu à l’heure du dîner;
  • Un projet quotidien d’intervention féministe portant le titre ludique de Nettoyage à faible impact. Cette action quotidienne a été conçue pour attirer l’attention sur les façons par lesquelles les expressions créatives des femmes ont été ignorées par le passé et où cela a été fait. Nettoyage à faible impact sera en fait le simple acte de placer un panneau jaune de concierge (déplacé chaque jour et photographié pour un blogue  que pourront suivre les visiteurs) placée de façon stratégique de sorte à soulever des questions. Cette partie de la résidence de Hogan incitera le public à se joindre à la conversation sur les collections d’art en général et plus particulièrement sur l’avenir des collections.

 


 

Boîte à lunch rose

De 12 h 30 à 13 h 00

Le mardi 30 janvier, au Centre d'apprentissage RBC
Indigo Rain Poirier – Wangled Teb

Wangled Teb, un projet de musique électronique englobant des éléments du IDM, du breakcore et de la musique d’ambiance, s’inspire aussi de la musique des jeux vidéo des années 1990. Dirigé par l’artiste de musique électronique transgenre Indigo Rain Poirier, de la Première Nation Kingsclear, au Nouveau-Brunswick, le projet a été lancé au début de 2015. Self Titled, le premier microalbum de Wangled Teb, est paru au début de 2015. Depuis, trois autres microalbums ont été produits, et un quatrième est en préparation. Wangled Teb collabore aussi avec Erin Goodine, une artiste visuelle de Fredericton, pour explorer le lien entre l’art abstrait, la musique électronique (une forme d’art abstrait en soi) et les émotions humaines.

Le mercredi 31 janvier, à l’Atelier d’artiste en résidence Bruno Bobak
Melissa McMichael – Causerie

Melissa (Mel) McMichael est une artiste en textile de Fredericton, au Nouveau-Brunswick. Son amour du naturel transparaît dans les matériaux qu’elle utilise : elle privilégie les matières durables et les teintures organiques. Dans son œuvre actuelle, elle explore les thèmes de la fragilité et exprime la vulnérabilité de l’environnement, du corps et de l’esprit dans l’impermanence des textiles et des teintures organiques.

Le jeudi 1er février, à l’Atelier d’artiste en résidence Bruno Bobak
Abby Paige – Y a-t-il un volontaire dans la salle?

On sent toujours un malaise lorsqu’un artiste de scène demande « Y a-t-il un volontaire dans la salle? ». Rassurez-vous : pour cette causerie, pas question de demander un volontaire dans l’auditoire. On cherchera plutôt à explorer le lien entre les artistes et leur public. Qu’il s’agisse des soliloques de Shakespeare ou d’un numéro d’humoriste de Tig Notaro, un courant particulier passe lorsque l’artiste s’adresse directement à l’auditoire, qu’il « brise le quatrième mur ». L’auteure et performeuse solo Abby Paige examinera en quoi le fait de s’adresser directement au public peut modifier l’atmosphère d’une performance; elle s’interrogera sur les responsabilités de l’artiste lorsqu’il interagit ainsi avec le public. Elle discutera de la façon dont les rapports entre les artistes, les présentateurs et le public changent lorsque les œuvres d’art et les lieux d’exposition sont rendus plus accessibles, plus inclusifs et plus ouverts.

Le vendredi 2 février, au Centre d'apprentissage RBC
Danielle Hogan – Liquides, crèmes, gels?

« Liquides, crèmes, gels? », voilà la question qu’on vous pose quand vous passez à la sécurité à l’aéroport. Ce concept, porté à un tout autre niveau par l’adjonction des notions d’amour et de potions à la céramique, devient le thème de l’exposition en ligne Liquides, crèmes, gels?, qui coïncide avec le mois de février, ce mois de la froidure que les Nord-Américains consacrent à l’amour dans ce qu’il a de plus noble… et de moins noble aussi. Cette exposition sera très vaguement centrée sur l’ancienne tradition de la poterie et de la fabrication de contenants que nous, céramistes, pratiquons avec délectation, les deux mains dans l’argile boueuse. Surtout, nous espérons que les artistes participants sauront élever à une autre dimension la combinaison poterie-contenant-relations. Attention! Nos artistes s’exécutent sans filet de sécurité. N’attentez pas la prévisibilité. Vive la subversion! Il est temps d’explorer dans tous les sens, de pousser à ses limites la notion de lotions et de potions, et de montrer qu’il y a de l’amour dans le tour! Vous vous en mettrez plein la vue, vos sens s’imprégneront de cette lotion de céramistes canadiens en herbe ou chevronnés. Leurs œuvres enrichiront à coup sûr votre expérience de l’art.

Fruit d’une collaboration entre la galerie d’art gynécocratique, projet canadien itinérant de Danielle Hogan, de Fredericton, et Mariko Paterson, de Forage Studios à Halifax, cette exposition sera présentée en ligne sur le site Web de Forage Studios en février. Un lien sur le site de la galerie d’art gynécocratique y mènera.


 

Atelier gratuit de boutons Singleton
ATTENTION : Ne tirez pas CES ficelles!

Façonnez un bouton en tissu brodé de style Singleton lors de cet atelier portes ouvertes gratuit avec l’artiste en résidence Danielle Hogan.

Le samedi 3 février 2018, de 10 h à 17 h.

Il est amusant de fabriquer des boutons Singleton parce qu’on peut pratiquement se servir de n’importe quel beau tissu.

Vous pourriez créer une rangée de boutons Singleton assortis pour décorer votre sac en bandoulière, le devant d’une chemise ou une autre œuvre d’art.

En tirant les bonnes ficelles de quelqu’un, on peut susciter des émotions, y compris l’enthousiasme, la jalousie, la colère, la peur, etc. Lorsque quelqu’un participe soudainement à une conversation, vous savez qu’un sujet, des mots ou des actions ont tiré ses ficelles — mais ne les tirez pas par exprès!

Venez mettre le doigt sur le bouton!

Du 12 février 2018 au 9 mars, 2018: Michael Smith

Pour Michael Smith, un paysage est un monde qui tourne et qui fait tournoyer. Il reconnaît que toutes ses références renvoient au paysage et ces possibilités l’obsèdent. Il n’y a pas qu’une façon de voir ou de rendre ses paysages; or le processus menant à leur réalisation n’est ni stable ni prévisible. Aux mains de Smith, le paysage sert d’archives de la mémoire (le passé) et de lieu de création (le présent). Il est essentiellement empreint d’émotion, de psychologie et d’esthétique dans un équilibre inexplicable.
– Robert Enright

Depuis 1981, les peintures de Michael Smith ont été exposées partout au Canada et à l’étranger, y compris à la galerie d’art Appleton d’Ocala en Floride, à la Galerie Damasquine de Bruxelles, au Centre Saidye Bronfman de Montréal, au Peel Art Gallery and Museum de Brampton et au musée des beaux-arts de Kaohsiung (Taïwan). Ses pièces ont aussi été en montre à la galerie Charles Cowles à New York.

En 1983, il a obtenu une maîtrise en beaux-arts de l’Université de Concordia à Montréal. Des critiques et des essais sur l’œuvre de Smith ont paru dans bien des journaux et revues d’art, dont ARTnews, MODERN PAINTERS, Canadian Art et Border Crossings. Son travail a également été présenté dans un chapitre réservé aux artistes établis du livre Carte Blanche v.2 Painting, publié en 2008 par la Fondation Magenta. L’ouvrage offre un tour d’horizon du milieu de la peinture au Canada aujourd’hui.

Les œuvres de Michael Smith se trouvent dans les collections permanentes du Musée d’art contemporain de Montréal, du Musée des beaux-arts de Montréal, de la Tom Thomson Memorial Art Gallery à Owen Sound, de la Galerie d’art Beaverbrook à Fredericton et du musée Glenbow de Calgary. Plusieurs de ses œuvres font partie de la prestigieuse collection Canadiana et ornent les murs de la résidence du premier ministre au 24, rue Sussex à Ottawa, de Rideau Hall à Ottawa et de la Citadelle de Québec.